Le projet français de biohistoire

Il y a presque 20 ans, était envoyé en janvier 1999 à des personnalités politiques, scientifiques et administratives un "projet français de biohistoire", lequel fut publié en mars suivant dans le numéro 12 de la Lettre de l’Atlas entomologique régional (Nantes). François de Beaulieu, alors secrétaire général de la Société pour l’étude et la protection de la nature en Bretagne (SEPNB) et directeur de publication, souhaita le diffuser dans le bulletin trimestriel de l’association devenue aujourd’hui Bretagne Vivante. L’ambitieux projet pourra être finalisé en juillet 2012, avec la publication aux Presses universitaires de Rennes d’une Biohistoire des Papillons. Diversité et conservation des lépidoptères rhopalocères en Loire-Atlantique et en Vendée, lequel ouvrage reçoit le prix Réaumur de la Société entomologique de France.

Redécouvrons, grâce à Bretagne Vivante qui l'a numérisé, ce texte bien illustré qui ne manquait pas d’originalité lors de sa parution en mars 2000 dans le numéro 170 [daté septembre 1998] de Penn ar Bed, notamment en défendant passionnément la notion de "biopatrimoine" toujours d’une brûlante actualité théorique ; autrement dit, de la nécessité pour nos sociétés de réfléchir aux conditions d’une patrimonialisation de la biosphère…

Lire le document sur le site de Bretagne Vivante

La Cordulie à corps fin à rechercher en juin !

Oxygastra curtisii (Dale, 1834)

Bien que discrète, Oxygastra curtisii est une libellule répandue dans l'ouest de la France. Les imagos peuvent être observés loin de l'eau, chassant le long de haies arborées ou le long des allées forestières. Ils sont faciles à reconnaître au stade imaginal, avec leurs taches abdominales jaunes.
Cette libellule reste souvent difficile à détecter sur ses sites d'émergence. Aussi, nous vous proposons d'enquêter sur les rivières et canaux de Loire-Atlantique et de Vendée afin de rechercher les exuvies de cette espèce et ainsi de trouver des sites de reproduction.

oxygastra curtisii

Où rechercher des exuvies ?

Dans l'Ouest de la France, les émergences interviennent de la fin du mois de mai à la mi-juillet, avec un net pic au mois de juin. Tous les cours d'eau principaux sont bons, ainsi que les canaux et les vasques des seuils de petits ruisseaux. Les portions de cours d'eau boisées sont particulièrement attractives.

Comment observer une exuvie ?

Les berges abruptes, les racines apparentes, les souches d'arbres morts, les enrochements constituent des supports d'émergence favoris. Sur des berges artificialisées, on peut rechercher les exuvies à vue. Sur des berges naturelles, la seule façon de trouver les exuvies de la Cordulie à corps fin est d'utiliser une embarcation légère. En effet, les exuvies d'Oyxgastra curtisii sont souvent positionnées sous une branche, une feuille ou une tige de ronce, restant complètement invisibles depuis la terre ferme. Assis dans une barque, les yeux sont souvent situés exactement à la bonne hauteur pour trouver des exuvies : celles d'Oxygastra curtisii sont généralement situées entre 0,5 et 1 mètre au-dessus de l'eau.

Reconnaitre l’exuvie de la Cordulie à corps fin

Le corps (sans les pattes donc) mesure grosso-modo 2 centimètres de longueur. La forme générale de l'exuvie d'Oxygastra est trapue, les yeux sont tous petits et l'arrière de la tête est de forme anguleuse. Les exuvies de Cordulies se distinguent immédiatement par l'abdomen trapu, le corps arrondi et la dentition du masque (= mandibules) en dents de scie. Parmi les Cordulies de l'Ouest de la France, Oxygastra curtisii est la seule très fortement velue et à ne pas posséder de fortes épines dorsales et latérales sur l'abdomen.
Pour vous mettre dans l'œil les différentes formes d'exuvies d'anisoptères, vous pouvez télécharger la planche conçue par Guillaume Doucet. Pour aller encore plus loin vous pouvez commander la "Clé de détermination des Exuvies des odonates de France", conçue en 2012 par Guillaume Doucet et disponible sur plusieurs plateformes en ligne.

Télécharger la fiche de Oxygastra curtisii au format PDF

Aidez-nous à construire la cartographie de cette espèce en Loire-Atlantique et en Vendée en nous communiquant vos observations à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Une observation comprend un lieu (lieu-dit, commune), une date, un auteur et une espèce.

Les Drymonia de printemps, à reconnaître en avril !

Les papillons du genre Drymonia appartiennent à la famille des Notodontidae. Ce sont des espèces aux mœurs strictement nocturnes qui viennent très facilement à la lumière.
Deux espèces sortent durant les mois de printemps. Elles volent au même moment et fréquentent sensiblement les mêmes milieux. Nous vous proposons de mettre en évidence les principaux éléments permettant de les distinguer l’une de l’autre à coup sûr.

drymonia

Cliché à gauche pris le 21 avril 2010 à Boussay (44) par Patrick Trécul - cliché à droite pris le 13 mai 2016 à St-Nazaire (44) par Bruno Oger

1- L’argument le plus fiable est la lunule discale noire qui caractérise Drymonia ruficornis. Attention ! Sur les spécimens foncés elle peut être moins distincte mais elle est toujours présente. Alors que chez Drymonia dodonaea, elle est toujours absente.
2- Drymonia dodonaea présente aussi une ligne antémédiane courbée qui la distingue des autres Drymonia.
Malgré ce que montrent les photographies choisies, il ne faut pas se fier aux bandes sombres ou claires des ailes antérieures. Les deux espèces sont très variables dans leurs teintes, y compris dans les contrastes entre zones sombres et zones claires.

Télécharger la fiche des Drymonia de printemps au format PDF

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La fourmi jaune des prairies, à rechercher en mars !

Lasius flavus (Fabricius, 1782)

Bien que commune en France, la fourmi jaune des prairies est une espèce assez discrète. En effet, contrairement à d’autres espèces, son mode de vie est endogé (souterrain). Lasius flavus sort rarement de sa fourmilière et se contente de prélever le miellat des pucerons qu’elle élève sur les racines des herbacées.

lasius flavus
Ouvrière de Lasius flavus déplaçant un cocon de soie
Cliché pris par Clément Gouraud, 2016, Dives-sur-Mer (14)

Dans son milieu, on peut la confondre avec d’autres espèces proches. Il est donc nécessaire de prélever quelques individus ou de faire une photo de qualité permettant de voir si les joues sont dépourvues de poils hérissés.

Ses milieux

Cette petite fourmi établit des colonies populeuses dans les milieux généralement frais voire humides. On la retrouve ainsi sur les abords herbacés des zones humides, dans les prairies pâturées, dans les jardins, sous les pierres ou le bois mort.

lasius flavus 2

Période d’activité

Comme la plupart des fourmis bâtisseuses, cette espèce s’active à maçonner un nid au printemps. En effet, cette époque de l’année réunit les conditions climatiques propices pour édifier les monticules terreux (humidité et chaleur). De la fin du mois de mars au mois de juin, les fourmis jaunes des prairies sont facilement détectables dans les milieux herbacés favorables.

Comment l’observer

Son dôme de terre trahit généralement sa présence et il suffit simplement de gratter la surface de l’édifice pour voir les ouvrières défendre timidement leur colonie. L’unique observation de dômes ne suffit généralement pas à déterminer l’espèce. D’autres espèces sont également des bâtisseuses comme la très commune fourmi noire des jardins : Lasius niger.

Dômes de Lasius flavus au pied d’une clôture
Cliché de E. Volette, 2016, Castillon-en-Auge (14)

Télécharger la fiche de Lasius flavus au format PDF

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Le Cul brun, à observer en février !

Euproctis chrysorrhoea (Linnaeus, 1758).

Le Cul brun doit son nom vernaculaire à la couleur sombre de l’extrémité de son abdomen. L’imago a les ailes blanches ponctuées de quelques taches brunes. En janvier, ce n’est pas le papillon que nous vous proposons d’observer mais son "nid" ! En effet, pour affronter la saison froide, les petites chenilles tissent un nid collectif de soie blanchâtre entrelacée de feuilles mortes et de petites branches de la plante hôte, souvent un prunellier ou une aubépine.

euproctis chrysorrhoea

De gauche à droite, cliché de Bruno Oger, le 5 février 2017, Guémené-Penfao (44) et cliché de Jean-Pierre Favretto, le 5 mai 2015, Le Bignon (44).

Ses milieux

Le Cul brun fréquente toutes sortes de milieux. Il a su s’adapter aux paysages ruraux modelés par l’homme, notamment les haies du bocage.

Période d’activité

Les nids sont formés dès le mois de septembre. En février, les chenilles sont au repos à l’intérieur. Elles ne commenceront à s’activer qu’avec l’éclosion des bourgeons.

Comment l’observer ?

Au mois de février, les nids de couleur blanche deviennent très visibles dans les haies bocagères le long des routes et des chemins. On peut confirmer l’identification en ouvrant le nid et en observant les toutes petites chenilles qui y logent. Chacune porte deux petites touffes dorsales de poils rouges bien visibles. Mais attention à opérer avec précaution, le nid et les chenilles portent des poils urticants pouvant provoquer de pénibles démangeaisons !

Télécharger la fiche de Euproctis chrysorrhoea au format PDF


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